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 Take my hand and lead the way. (ASYA)
Baruch Verheijen
ADMINISTRATRICE / les trois soldats
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 Sujet : Take my hand and lead the way. (ASYA)  /  Sam 4 Fév - 9:03
Take my hand and lead the way

La musique envahit son esprit, l'étouffe de son odieuse mélodie et lui laisse comme une vague sensation d'infini. L'endroit pue la nicotine à en crever, au doux parfum d'atropine. Les arômes se mélangent à la sueur, et aux flots de liqueur qui ne cessent de couler dans des corps sans vie, animés par l'insatiable désir d'avoir toujours plus. Les yeux se souillent devant des corps dénudés, mais ses deux billes restent ancrées dans le vide. Il n'y a que les caresses du partenaire dans ses cheveux couleurs ténèbres qui la ramènent à la vie, au rythme de ses phalanges qui tripotent sa soyeuse crinière. Malgré les rires et les plaisirs, il demeure comme un goût d'amertume au fond de sa gorge, serrée par la vive émotion du déplaisir. La chair fraiche d'une jeune demoiselle ne cesse de se mouvoir devant ses yeux fatigués, las de corps trop nus, trop maigres, trop parfaits pour exister. Baruch reste attachée à sa silhouette, qui se pavane comme une princesse demeurée au centre d'un naufrage. Assise sur ce fauteuil bon marché, serrant un verre d'alcool entre ses doigts tremblants, elle a l'air d'une épave. Car son naufrage, Baruch l'a déjà vécu, encaissé, mais jamais oublié. Il reste fermement ancré dans sa caboche et la ramène aux heures les plus sombres de son existence. New York. Les hommes et leurs mains répugnantes sur sa peau si douce, si jeune et si fragile. Elle en effacerait presque les caresses de son partenaire, sur sa peau pâle.
Les rires la ramènent à la réalité. Les silhouette se lèvent, à mesure que la salle se vide. Elle oublie les souvenirs du passé qui l'écorchent et revient à son présent, tout aussi laid et déplaisant. Machinalement, elle se lève et suit les autres. Elle demeurera silencieuse jusqu'à ce que la porte du club se referme derrière elle. Un raclement de gorge et elle prend la parole, agressive comme une chatte malmenée : « J'vais rester un peu encore. » Ses billes croisent celles de son partenaire, à qui elle assénerait bien un coup de poing dans la face, pour avoir autant picolé et manqué de respect à des demoiselles en détresse. De pauvres femmes obligées de se pavaner dans une ville pourrie, devant des gars pourris pour gagner un salaire pourri. Des crétins.
Elle traîne sa carcasse jusqu'à l'arrière du bâtiment, où une gamine sort au même moment et laisse échapper un filet de musique ringarde, de parfums minables. La fumée l'attire, instinctivement, la brune sort une clope. Elle lui balance un regard qui juge et qui fait mal aux tripes. La clope s'allume entre ses lèvres disgracieuses ; la première bouffée lui fait l'effet d'une ultime caresse. Elle savoure lentement et dévisage d'un œil timide la gamine. Blonde, gueule d'ange, trop douce pour être fourrée dans une merde pareille. Autour de la brune, le monde chavire. L'alcool lui tord les entrailles, alors elle s'appuie contre le mur. Un relent de pisse empli ses poumons, elle manque de cracher toutes les insultes du monde devant la médiocrité de ce lieu. Devant elle, la gamine fouille dans son sac. La clope reste coincée entre ses lèvres, éteintes.
Baruch s'avance, la rejoint d'un pas lent, mal assuré. Elle lui tend son briquet, d'une main tremblante. « Tu veux du feu ? » La voix est rauque, timide et blessée par les années. Baruch la fuit du regard, évite de croiser la paire d'yeux attristés de la gamine malmenée.
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Asya Kovaleva
Les noces rouges
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 Sujet : Re: Take my hand and lead the way. (ASYA)  /  Sam 4 Fév - 12:05
Take my hand and lead the way.
Soirée miteuse. Une de plus dans l'existence qui était la sienne à présent que le flic avait décidé que cela ne suffisait plus... que les Noces Rouges avaient besoin d'une nouvelle stripteaseuse. Une de plus, et pourtant elle avait cessé de les compter à mesure que le temps s'écoulait, que les jours s'évaporaient. Parmi les autres filles, elle faisait si jeune, peut-être beaucoup trop, son corps aux courbes délicates ondulaient avec trop peu de vêtements pour le dissimuler, des morceaux de tissus qui finissaient fatalement par disparaître en faveur de ces mains qui glissaient un billet au seul endroit encore préservé. Elle était là la différence avec l'autre facette plus répugnante encore du monstre tentaculaire qu'étaient les Noces Rouges. Elle dansait ce soir-là, connaissant chaque rouage, ses doigts glissant sur la barre, son corps l'épousant avec indécence, avant qu'on l'invite à rejoindre un groupe. Les visages, elle ne les mémorisait pas, à moins qu'ils aient une réelle importance, à l'aube, ils se seraient mêlés aux fantômes qui divaguaient dans sa vie. Ces assoiffés de rêves sexuels, comme si à la tenir presque entre leurs mains grotesques, ils pouvaient fantasmer sur l'idée qu'elle leur appartiendrait le temps qu'ils voudraient. Mensonge. Voilà ce que c'était. Une absurde comédie qui n'avait de sens que dans les pourboires dont elle hériterait à la fin de la soirée, mais aussi dans les informations qu'elle pourrait tenter de recueillir. Hommes. Femmes. Les clients étaient ce qu'ils souhaitaient être, et lorsqu'elle approcha du groupe, ses prunelles de jade se déposèrent sur ces visages qu'elle reconnaissait vaguement. Ils parlaient, laissaient l'alcool délier leur langue, se moquer de la présence d'une poupée aussi désirable que mille fois trop fragile pour être dangereuse. Elle ne l'était pas, ils avaient raison, mais elle était prisonnière de doigts invisibles qui eux l'étaient.

Elle ondulait, sirène, selkie dont les hommes avaient dérobé la peau pour que jamais plus elle ne puisse retourner d'où elle venait. Laissait son corps épouser, se lover contre les mains et les vêtements des plus généreux, ses lèvres, d'un sourire presque trop joueur, charmaient les profiteurs, leur promettant presque ce baiser qui jamais ne viendrait. Le temps passa... les danses cessèrent. Une autre pris sa place, mais le groupe semblait vouloir s'en aller, tandis qu'elle-même rejoignait les loges. D'un geste presque déplacé, elle s'empara du premier châle qui passait pour dissimuler les morceaux de chair mis à nu. Une pudeur qui n'avait aucun sens, et pourtant, c'était comme si, ici, elle reprenait une parcelle de son identité, n'était plus cette fille qui vendait son corps contre de l'argent. Elle haïssait Wrath de lui avoir fait ça, de l'avoir précipitée dans le giron d'une organisation qui finirait par la dévorer et ne la recracher qu'une fois qu'elle n'aurait plus aucun intérêt. A moins de l'aider à la faire tomber. Difficile de croire qu'à elle seule elle en serait capable. Alors, rapidement, elle se changea, enfila quelque chose qui lui appartenait, négligeant de retirer le maquillage. Elle terminerait chez elle, après avoir pris une douche pour faire disparaître les fragrances laissées par le club. « A demain. » qu'elle lança à une fille qui se trouvait là aussi. Elle discutait, mais c'était comme de voir le miroir d'une vie qu'aucune d'entre elles n'avait vraiment choisi. Peut-être pour de rare, mais ce n'était pas une ambition à avoir que de bosser pour les Noces Rouges.

Elle sortit par la porte annexe, celle qui servait pour que les employés puissent partir sans tomber directement sur des clients. L'air frais la fit frissonner mais lui fit un bien fou, tandis qu'elle menait une cigarette à ses lèvres, cherchant frénétiquement ensuite ce foutu briquet qui semblait être aux abonnés absents. Elle vit le mouvement du coin de l’œil, de cette fille qu'elle avait vu à l'intérieur du club avec le reste du groupe. Asya hésitait, méfiante, sentant son cœur battre un peu plus vite, parce que la majorité des êtres ne sont pas comme Isleen, que c'était du profit que l'on voyait derrière ces courbes qu'elle exposait bien trop à l'intérieur du club. Peut-être aussi parce qu'elle avait compris dans quoi elle semblait tremper à force de les avoir entendu parler... « Tu veux du feu ? » Proposition banale pour entamer une conversation avec une fille, ou même un gars qui semblait en rade à ce niveau-là. Mais l'attitude de la brune était presque étrange, comme si elle ne voulait pas vraiment la regarder. Alors Asya tendit la main, s'emparant du briquet pour allumer sa cigarette, avant de le lui rendre, son autre main arrachant déjà le bâton rougeoyant de ses lèvres pour expirer les premières volutes de nicotine. « Merci. » Elle tira une autre latte, fermant brièvement les yeux comme pour se laisser bercer par le poison qui la tuait à petit feu. « T'es pas partie avec les autres ? »
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